Mélodie incendiaire au Brise-Glace

La soirée du 11 Avril 2018 fût paisible pour beaucoup, et pourtant ce fût ironiquement au Brise-Glace que l’ambiance enflamma les âmes présentes ce soir-là. La scène était partagée en deux groupes : Capturne et Don Glow. Cet article va vous éclairer sur l’identité de Don Glow, grâce à une interview inédite sur ces jeunes artistes tout juste lancés dans leur ascension du monde de la musique.

Plutôt calme et posé dans les coulisses, sur scène Don Glow est un trio survolté et déterminé à mitrailler son public avec des notes toujours plus intenses que nous reconnaissons bien dans le Rock Psychédélique. Ce genre musical, très populaire dans les années 1960, retrouve un nouvel élan sous la bannière des musiciens, jouant une construction rythmique hypnotique, répétitive et pénétrante, accompagnée de cordes vocales plus puissantes que jamais afin d’ajouter à ce mélange tortueux une pointe de dynamisme.

 

L’interview

Avant de les voir en action et portés par leur passion, l’interview se déroula dans une ambiance amicale, modeste et sereine.

Une question un peu bateau pour commencer mais, comment vous êtes-vous rencontrés ?

– *rires* C’est une longue histoire. Sammy et Bastian étaient ensemble en première année à la Fac en Histoire en 2007, mais se sont perdus de vue pendant une longue période, avant de se retrouver.

– Puis j’ai rencontré Loïc en 2013 lors d’un concert et Bastian l’a rencontré à son tour à la sortie d’un bar à 5h du matin, sur le parvis d’une église. Je lui ai demandé ce qu’il faisait là, ça l’a fait rire et on a entamer la conversation. Il s’avérait que nous avions en commun Sammy dans nos contacts et nous avons alors décidé de monter un groupe tous les trois. C’est plutôt cool parce que cela se joue sur du long terme.

 

C’est génial comme rencontre ! Et votre nom de groupe, il est venu tout seul ?

– On est parti sur pas mal de noms de groupe, comme par exemple Midnight Blue, après on a fait des équations et on est tombé sur Don Glow, *rire* on s’est amusé à mettre les bonnes lettres au bon endroit, placés de la bonne manière.

 

Je vois. Alors nous avons écouté vos morceaux et nous aimons tous le rock autour de cette table, donc forcément cela nous a parlé, et on a ressenti une once de Nirvana dans vos productions. Mais avez-vous d’autres inspirations, des groupes que vous écoutez vous-mêmes ? 

– Oui, on a écouté pas mal de groupes quand on était jeunes, et même encore aujourd’hui.

– Après on a tous nos propres influences que nous nous faisons écouter mutuellement. Moi par exemple, j’aime beaucoup la scène punk, le garage punk des années 80. Et puis, il y a les groupes actuels qui ont commencé au début des années 2000 et 2010, comme les Black Angels.

 

Oui, celui-là aussi on a cru l’entendre ! Et que mettez-vous en avant dans vos chansons ? La mélodie, les paroles…qu’est-ce qui est important pour vous ?

– La  »Jam » déjà c’est ce qu’on a toujours fait depuis le début.

– On pose une caméra et un enregistreur au milieu de la pièce, et ensuite on fait défiler ce qu’il se passe, on a très vite empilé beaucoup d’idées, du 10 à 15 minutes. On a donné notre premier concert 3 mois après notre formation et dans ce laps de temps on a fait 10 morceaux.

– Surtout basés sur des rythmes et des boucles… Une mélodie plutôt tribale, répétitive du style  »garage » énervé.

– En tout cas, ce qu’on veut mettre en avant, c’est l’énergie que le riff peut dégager car c’est ce qu’on aime.

– Puis ce côté Don Glow c’est aussi quand on est à trois et qu’il se passe quelque chose pendant que l’on contient cette énergie, il y a une 4e personne qui apparaît au milieu de la pièce, un fantôme, une entité, un ensemble de pièces qu’on arrive à réunir et faire tenir pendant ces instants. C’est ça Don Glow, c’est l’être incandescent qui prend part à la scène.

 

C’est joli et très poétique. Mais pourquoi vos chansons sont-elles en anglais ?

– On parle bien anglais là, non ? *rires*

– C’est une simple habitude d’écriture. J’ai fait partie d’une bonne quinzaine de groupes et j’ai toujours baigné dans l’anglais de par ma mère, et puis c’est une langue très présente dans la culture musicale, qui est malléable et agréable comme sonorité. Même si maintenant, je trouve ça assez ennuyant et ennuyeux. Avec Bastian et Loïc, nous avons un projet avec un groupe de pop de mariachis où là, j’écris en espagnol. Et ensuite, avec un autre groupe où on va se mettre à l’arabe.

– L’idée c’est de toujours voyager plus loin par la musique, d’explorer d’autres contrées.

 

C’est super comme projets. Et donc pour vous, la musique est un moyen de passer les frontières et d’abaisser les limites ?

– Clairement oui, c’est une musique libre. On ne s’est jamais dit  »bon on va faire ça comme ça… »

– En fait, il y a eu plusieurs styles qui sont arrivés : des morceaux qui sont partis dans une veine, des morceaux dans une autre… Enfin, on s’est dit que c’est une bonne chose puisque le but est d’arriver à oublier tout ce qui peut nous caser, nous resserrer dans une catégorie, une culture ou même dans un monde social. On essaie toujours d’aller plus loin, l’énergie permet justement d’oublier tout cela et d’explorer d’autres territoires musicaux.

 

Est-ce donc le message que vous voulez porter ? Est-ce là l’image de votre groupe : multi-éthnique, multi-langage ?

– C’est surtout l’idée de ne jamais être figé et de ne jamais être tenu dans un mode.

– Puis aussi pour que les gens se rencontrent, cela reste de la musique live et énergique, cela dégage une aura libératrice. Il y a un état  »avant » et  »après » concert pour les gens et c’est comme cela aussi que l’on construit notre set : on va vers quelque chose de très exutoire.

– Le groupe lui-même est exutoire, on y laisse beaucoup d’énergie et d’intentions, c’est ce qu’on veut mettre en avant. Dans un premier temps, Don Glow était l’être de lumière qui jaillissait quand on baissait toutes nos frontières en nous-mêmes, et qu’on se laissait sortir. Cela permet de se dépasser.

 

Parlons de votre album : est-ce que le titre The Intention Flow vous est paru comme une évidence ?

– C’est le canal qui relie tous les êtres, c’est l’intention, c’est quand l’esprit est présent lorsque l’on fait une chose et que l’on met toute notre volonté dedans. Là on est dans une sorte de  »canal de l’intention. » C’était une évidence mais en même temps un terme très ambitieux parce que c’est extrêmement dur de rester dans ce  »canal » : c’est ce qu’on recherche tous et c’est donc l’objectif à atteindre. On n’y est pas souvent mais on essaie toujours de développer nos capacités pour l’atteindre plus facilement.

 

Pour terminer, auriez-vous une ou deux anecdotes à nous raconter ?

– Une fois, Loïc a oublié ses cymbales ! *rires* On était en tournée et nous avions fait Nancy-Rennes, mais une fois arrivés, on ne les trouvait nulle part.

– Je lui ai demandé  »t’as sorti les cymbales de la voiture ? » et il m’a répondu  »non non elles sont dedans »… et non elles n’y étaient pas !

– Du coup, les cymbales ont pris un Blablacar. *rires*

– J’ai aussi oublié mes baguettes à Strasbourg…

– Elles ont fini chez un marchand de nouilles !

Ahah, on peut alors dire que ce n’est pas de bol ! Et bien merci pour tout, merci beaucoup d’avoir pris de votre temps pour répondre à ces questions, l’interview est terminée !

 

Croquis réalisé par les soins d’Alicia SEIGLER 

 

Merci de nous avoir lu !

La programmation du Brise Glace | La page Facebook de Don Glow

 

 

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