La Fête du court, en bref

Pendant presque une semaine, soit du 14 au 20 mars, les 30 programmes de la 2ème édition de la Fête du court métrage se sont invités dans les cinémas français pour vous faire découvrir toute la créativité du genre. La MJC de Novel et la Turbine en ont présenté 4, dont Viens voir les comédiens à la Turbine. Votre servante s’est laissée guider par cette injonction pour s’abandonner aux confortables sièges et ne l’a pas regretté !

 

Dans ce programme, le festival a fait la sélection de 5 courts-métrages de fiction, réalisés entre 2013 et 2017. L’ensemble de ces oeuvres ont pour point commun une interrogation, souvent amusée, parfois cachée, sur le fait d’être acteur. Trois d’entre eux m’ont particulièrement marquée et intéressée pour leur lien à la réalité, l’actualité.

 

L’acteur en tant que comédien

Dans Pour le Rôle, le réalisateur Pierre Niney met en place une mise en abyme de l’épreuve du casting, dans laquelle l’acteur François Civil incarne son propre rôle. Il se trouve forcé de prendre part à une comédie, alors qu’il pensait être venu passer un simple entretien avec le réalisateur. C’est donc l’acteur qui est placé au cœur de la création de l’œuvre, car sa prestation donne sens au récit. Son jeu devient une forme de contre-poids au montage, qui s’amuse des codes pour rendre cohérent l’espace filmique. Le film rappelle ainsi au spectateur la fiction du cinéma, tout en pointant les rouages de sa création.

 

La frontière entre réalité et fiction

Le court métrage de David Koch Témoins se prête quant lui à une réflexion plus poussée sur le rapport entre média et réalité. On y suit Stéphane, photographe indépendante française en Syrie, dont le cliché d’un médecin lors d’un combat enclenche plusieurs catastrophes. Le réalisateur montre la facilité avec laquelle le reportage peut être manipulé et détourné par les différents acteurs politiques ainsi que les lourdes conséquences de cette manipulation. Le spectateur est alors invité à s’interroger sur ce qu’on lui présente comme la réalité, mais aussi à interroger la fiction qu’il est en train de voir et ses frontières floues avec le réel.

 

Le comédien en tant qu’acteur

Enfin dans l’excellent Violence en réunion Karim Boukercha fait jouer à Vincent Cassel le rôle de Vince, ancienne légende du bitume, qui lutte contre lui-même pour ne pas redescendre dans la rue. Avec un humour certain, il filme en même temps le jeu d’une mystérieuse femme en burqa, narguant les patrouilles de police en apparaissant et disparaissant dans la nuit de la cité… La forte présence de La Haine de Mathieu Kassovitz place le court métrage dans une filiation au ton plus léger, mais surtout une réactualisation. Le film expose alors le retour à la violence, par la peur et la menace des policiers face aux jeunes adultes de la cité et face aux signes de l’islam ainsi que par la fierté et la souffrance de ces mêmes jeunes.

 

Le programme était donc une belle invitation à réfléchir à ce que l’on regarde et l’événement, une occasion rare, de visionner ce format finalement peu diffusé dans les cinémas. Alors ne manquez pas la prochaine Fête du court métrage ! D’autre part si les films dont je vous ai parlé vous intéressent, le grand avantage du genre est que la plupart des œuvres sont accessibles en ligne… À vos écrans !

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