Rencontrer Daniel Pennac….sur un bateau

Il y a quelques semaines, Tom était allé à l’une des rencontre littéraires Histoire d’en parler, organisées par Serge Delemontex. J’y suis allée à mon tour, et j’ai eu la chance d’écouter et de pouvoir poser des questions à… Daniel Pennac!

Comment ça, « qui c’est? ». Bon, je récapitule :

Daniel Pennac, de son vrai nom Daniel Pennacchioni, est un auteur français né en 1944 à Casablanca (Maroc). Il a exercé plusieurs métiers, notamment celui de professeur de littérature, avant de se consacrer à l’écriture.

Son premier roman fut Au bonheur des ogres. Suivirent ensuite La fée carabine, La petite marchande de prose, et bien d’autres encore.
C’est dans cette saga déjantée que fut créé le personnage de Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel. On retrouve à chaque tome, et avec grand plaisir, sa « tribu », autrement dit… sa famille. Car sa mère faisant un nouvel enfant à chaque fois qu’elle rencontre un amant, Benjamin a de nombreux frères et sœurs. Sans parler, bien entendu, de Julius, le vieux chien épileptique à la tête de traviole. « Chaque membre de la famille, c’est un son qui s’incarne » nous raconte Daniel Pennac.

La saga Malaussène est une série de romans policier qui ne se prennent pas au sérieux, dans lesquels on peut trouver, par exemple, des mamies qui butent des policiers, un gang de vieilles qui font du trafic de drogue, bref, de quoi vous réconcilier avec le genre policier si besoin et de rire un bon coup de ses idées pour le moins… absurdes.

Cela étant dit, je peux maintenant vous parler de la rencontre en elle même.

Déjà, coup de bol: un lieu magnifique pour un auteur passionnant. Parce que Daniel Pennac a eu le droit… au Libellule ! Et moi avec. Grand ciel bleu, pas une vague, l’ambiance parfaite pour rencontrer l’auteur et se laisser happer par ce qu’il a à nous raconter…

Ce que j’ai pu remarquer, tout au long de la rencontre, c’est que l’auteur, ce personnage qui se cache derrière les romans, est tout aussi intéressant que son œuvre… Très drôle, aussi. Un personnage extrêmement cultivé, qui pourtant ne fait part de son savoir et de sa culture immenses qu’avec le but de les transmettre. Il casse le mythe de l’auteur qui parle beaucoup pour ne rien dire. Tout ce qu’il disait était évidemment pertinent, mais aussi très intéressant! Il développait des théories très riches autour des questions qu’on lui posait, il arrivait vraiment à répondre tout en étayant le sujet qu’elle soulevait.

Ce qui était aussi très chouette, c’est qu’on pouvait regarder le paysage tout en l’écoutant parler. Alors comme on a pu voir toutes les communes sous un angle nouveau et très joli, j’ai pensé que vous citer ce dont il avait parlé en le raccordant au cadre m’aiderait à vous rapporter mieux encore la rencontre…

Un tour du lac littéraire

D’Annecy au bout du lac, c’est Veronique Bonnard qui a dirigé la discussion en lui posant des questions. Principalement sur son dernier roman, Le cas Malaussène. Il nous a parlé de son envie de faire vivre à nouveau les Malaussène, de renouveler cette saga en se replongeant dans l’univers fascinant de la famille du bouc émissaire.

Mais la seconde partie était encore plus intéressante, parce que c’était nous, le public, qui la dirigions au gré de nos questions !

Pendant que le bateau faisait demi-tour, il nous a conté comment il apprenait le goût de la lecture à ses anciens élèves, comment il créait des amoureux de la lecture

 

À Menthon il nous a parlé de comment l’idée du bouc émissaire professionnel et de sa famille de fous avait germé dans sa tête. « Benjamin Malaussène, c’est une idée qui s’incarne. » Comment, en écoutant un philosophe parler, il avait eu la burlesque idée de créer ce métier.

À Talloires, il a ressassé ses « textes fondateurs », et nous avons eu le droit à un flash-back de soixante ans en arrière, lorsqu’il était en pension au collège : comment il a commencé à écrire car il ne pouvait lire, et aussi du fait qu’il n’y a pas à être étonné qu’un cancre soit devenu professeur de littérature, puis écrivain. « Chacun évolue à son rythme. » Il a alors évoqué le thème principal de son livre Chagrin d’école; l’échec scolaire, la vie en internat, et comment il avait vécu ses huit années (je cite) « d’incarcération » : « 5ème, 4ème, 3ème, Seconde, Première, Première, Terminale, Terminale »

À Veyrier, il nous a expliqué pour qui, mais surtout pourquoi il écrivait.

 

À Annecy-le-Vieux, nous avons eu le droit à la lecture de deux textes magnifiques, l’un de sa composition, l’autre d’une auteure qui l’inspirait.

Et de retour à Annecy, j’ai pu faire dédicacer mon exemplaire de La fée carabine… et discuter quelques minutes avec lui 😀

Alors, ça vous dit de venir écouter un auteur lors d’une rencontre « Histoire d’en parler » ?

Laisser un commentaire