Les bords du monde

Un monde en crise , un monde inégal marqué par des lignes, où une vie peut basculer à tout moment. Brésil, Maroc, Syrie, Togo, Côte d’Ivoire,… venus des quatre coins de la Terre, les danseurs de la compagnie Ophélia témoignent de la guerre, des orientations sexuelles, de la différence… Surtout, ils nous racontent la persévérance pour être soi, le combat pour la Liberté.

Crédits : Laurence Fragnol

Dominant le grand mur métallisé, surmonté d’une barrière : une imposante structure.
Assauts d’hommes et de femmes qui glissent sur lui.
Stop, la structure tourne; en son cœur un échafaud.

Les danseurs se balancent. Encouragés par les percussions ils martèlent le mur, martèlent le sol, martèlent leur corps jusqu’à la transe, encore et encore !

Stop, arrêt sur image, un homme suspendu comme crucifié; les minutes défilent; un instant; le voilà qui remonte.

Se gifler. La gifle de l’autre, de l’humiliation, la gifle pour oublier mais aussi la gifle du réveil, du « bouge toi ! » : piqûre de VIE !

Pousser, repousser l’autre pour son inaction, pour l’injustice. L’autre colère, l’autre douceur, l’autre pilier; les corps se répondent se rejettent, s’allient.

Fractionnant la représentation, la structure tourne et se retourne, stop : l’homme est seul, trop seul pour le mouvement. Seul ? Pas si longtemps…

Le mur a perdu de son sinistre : pieds ballants, épaules appuyées avec nonchalance,… Il est lieu de réunion, de partage, de rires “ Tout est gratuit en Syrie “ . C’est la galère, mais toujours la vie, l’humour, des chamailleries sur le plus bel endroit à visiter dans un pays où le plus grand danger serait les taxis.

Crédits : Laurence Fragnol

Entre rage et légèreté chacun conte son pays et les évènements qui s’y déroulent :

Pendant que 1000 conférenciers se réunissent au G20 il y a 1000 tués en Syrie, 1 fillette achète des fleurs, 1 autre se fait tuer et violer

Je veux pouvoir mettre une jupe qui arrive là, un haut décolleté jusque là « 

Je suis fier d’être noir. Ma couleur ne fait pas qui je suis « 

Regarde moi « 

“ Je ne baisse jamais la tête « 

Je suis gay, je suis un scandale « 

Ne dépendre de personne  »

Martelés sont aussi les mots. L’être tout entier se mobilise. Cris, danse, jongle sont par cette représentation les armes de l’évasion et de l’expression.

“ Qu’est ce qu’elle est belle la Liberté ♪♫♪♫♪ Qu’est ce qu’elle est belle la Liberté ♪♫♪♫♪ Qu’est ce qu’elle est belle la Liberté ♪♫♪♫♪ Qu’est ce qu’elle est belle la Liberté ♪♫♪♫♪ Qu’est ce qu’elle est belle la Liberté ♪♫♪♫♪ … “

Prochaines représentations : http://ophelia-theatre.fr/creation/les-bords-du-monde/

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